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"A force de rentrer dans le moule on finit par ressembler à une tarte."

L'éveil du moi(s) de septembre - Alimentation et surpoids

L'éveil du moi(s) de septembre - Alimentation et surpoids

 

« J’ai pris 2kg cet été donc en septembre c’est régime »
«  Je ne peux pas porter de jupe courte t’as vu mes genoux ! »
«  Non merci je ne vais pas prendre de dessert ce midi, j’ai été au restaurant hier soir »
«  Avec tout ce qu’on a marché on a bien dû dépenser 400 calories non ? »
«  Un adulte ça n’a plus besoin de prendre de goûter. Si tu as faim c’est qu’il faut que tu manges plus à midi. » 
«  Ne sautes absolument pas le petit déjeuner. Forces toi » 
«  Regarde comment elle ose mettre ce petit haut, on voit tout ces bourrelets ! Beurk ! » 
«  Son décolleté que c'est vulgaire » 
«  Normal qu’elle soit en surpoids si elle mange tous les jours comme ça » 
«  L’été arrive, on se prépare à dégommer nos poignées d’amour ! » 
 
 
Et cetera. Et cetera. Et cetera.
 
Je suis persuadée que vous connaissez vous aussi ces phrases par coeur et les avez même déjà prononcées plusieurs fois.
Ce n’est pas un reproche, juste un fait. 
Des affirmations automatiques qui tournent en boucle dans nos cerveaux et sont sans cesse en train de nous dicter comment nous comporter face à la nourriture ou à notre image. 
Et qui explique qu’on ai sans cesse l’impression de devoir être en contrôle de son alimentation pour ne pas prendre de poids.
Ou de devoir perdre 2, 5, 10kg. 
Comptez autour de vous : qui est capable de vous dire « oh non moi j’adore mon poids » et de se peser avec une indifférence totale ? J’ai beau avoir progressé sur le sujet, moi je n’y arrive toujours pas.
 
Je n’en peut plus de ce sentiment de culpabilité qui ronge les femmes en consultation au moment où je leur demande leur poids. Et leur besoin de se justifier quand à leur surpoids, à leur activité physique (ou même parfois à l’épilation qu’elle n’ont pas eu le temps de faire avant de venir ! Sérieusement ??? On part sur un autre sujet sur lequel j'aurais plaisir à débattre à l’occasion mais franchement… Mesdames ne soyez plus désolées de vos corps, enfin !!!).
 
Pourtant, il suffit de traverser la manche pour découvrir un monde totalement différent. 
Des centre-villes britanniques où les femmes se promènent en mini-jupes et en crop-top sans se poser de questions et sans que personne ne les regardent ni les jugent (sauf vous et moi, surpris que nous sommes!).
Des restaurants où on ne vous demande pas si vous êtes au régime quand vous commandez une salade, et où on ne commente pas votre « fort appétit » si vous finissez entièrement votre pizza.
Le problème ne vient donc pas de l'être humain en lui-même, mais de ce qu'on lui met dans la tête.
 
Il faut réaliser qu’aujourd’hui, en France, 50% des femmes ont une relation malsaine avec la nourriture. 3 à 4% des adolescentes souffrent d’anorexie et 50% de la communauté Instagram d’orthorexie.
En parallèle, le diabète de type 2 que l’on suppose acquis par surpoids touche 4 à 5% des français.
 
OU EST DONC LA VERITABLE EPIDEMIE ?
 
Les coupables dans cette histoire ne sont pourtant que nous-même. Et la société, qui nous a inculqué de fausses valeurs et de faux standards, que nous véhiculons encore et encore autour de nous.
Consciemment et souvent inconsciemment. 
En jugeant un corps ou un style vestimentaire, en déduisant d’un physique un état de santé ou la valeur d’une personne, et ne réalisant pas que tournent en boucle dans nos têtes des injonctions liées aux régimes et à l’hygiène alimentaire que l’on veut nous faire tenir depuis des années, parfois depuis toujours. 
 
Du médecin de famille qui a parlé d'un air grave de surpoids en se basant sur un chiffre unique à un instant t, alors que vous n’aviez que 6 ans, une excellente santé et aucun trouble du comportement alimentaire. 
Des courbes du carnet de santé qui vous font arrêter de grossir à 18 ans et croire que ce poids doit être votre « standard » de toute la vie pour être en bonne santé.
Des coach sportifs qui vous regardent et vous proposent de rendre vos abdominaux apparents alors que vous n’aviez rien demandé, comme si avoir du gras était nécessairement indésirable et avant de vous demander si vous vous sentiez en bonne santé.
Des publicités des magasins de lingerie et des mannequins dans les vitrines, qui n’ont décemment pas des courbes « normales », encore moins dans la moyenne.
Des publicités télévisées sur toutes ces femmes qui « gardent la ligne » grâce aux yaourts « 0% ». A toutes celles qui « s’autorisent »  des « plaisir coupables ». 
 
Personne. Ne. Laisse. Les. Femmes. En. Paix.
Depuis presque toujours. 
Personne ne prends avec bienveillance et compassion la compulsion alimentaire ou l’apparition de graisse abdominale. Personne ne cherche à comprendre pourquoi une femme peut prendre puis perdre 20kg en l’espace d’un an. Personne ne pose de questions quand une femme lui dit qu’elle doit « faire attention ». 
Personne ne se dit qu'il a peut-être un problème émotionnel à aller creuser la derrière, et on s'empresse de la féliciter lorsqu'elle perd 3 kilos.
 
Mais enfin réveillons-nous, rien de tout cela n’est normal !
Bien sûr que cela concerne aussi des hommes, mais globalement beaucoup moins. Ça n’en reste pas moins le même combat, et avec la même force qu’il faut renverser ces diktats, et arrêter de vivre obsédé.e par son image et le contenu de son assiette. 
Et les dernières études sont claires sur le sujet : la santé n’a PAS de rapport direct avec le poids.
Oui oui. Même les obèses peuvent être en bonne santé, et les minces faire du diabète et du cholestérol. De la même façons que les obèses peuvent manger très équilibré, et les minces n’importe quoi.
Le pic d’obésité aux Etats-Unis coïncide d’ailleurs avec le moment où on a décidé de faire la chasse aux graisses, et où on s’est mis à transformer notre alimentation, et surtout à beaucoup trop cérébraliser notre rapport à l’alimentation. Coïncidence ? L’oeuf ou la poule ? A vous de voir… 
Toujours est-il qu’aujourd’hui, la première cause de surpoids (au sens pathologique du terme, pas la cellulite sur les cuisses hein ça messieurs c’est NORMAL en fait), c’est les régimes. Et la reprise de poids après une période de restrictions. 

60% des gens qui essaient de perdre du poids perdent moins de 5% de leur poids.

80% du poids perdu est repris dans les 5 ans, souvent avant, et avec des kilos supplémentaires.

Les personnes obèses sont très au courant de ce qu’est une alimentation équilibrée et de l’importance de maintenir une activité corporelle régulière. Hormis quelques exceptions, le problème n’est bien souvent pas là. Le fond du problème réside extrêmement majoritairement dans de l’hyperphagie ou dans des compulsions alimentaires, elles-mêmes liées au fait que nous ne savons absolument pas gérer nos émotions (on mange littéralement nos émotions) et qu’on aggrave massivement le problème en se créant des restrictions.

 
Mais alors comment se défaire de toutes nos croyances ? Comment faire tout ce travail là et cheminer vers une alimentation sans prise de tête ?
Je préfère vous prévenir tout de suite, on ne change pas du jour au lendemain ! 
Plus vous aurez longtemps été ancré.e dans des schémas donnés et plus le chemin sera long. Mais je vous rassure, toutes les étapes sont passionnantes et apportent leur lot de progrès. 
Et OUI : tout le monde peut se détacher de son rapport à la nourriture. Même (et je dirais même, surtout) avec un passif de troubles du comportement alimentaires.
 
Pour se faire, je vous conseille plus que vivement le site internet et le compte Instagram de Elyane, 1ère coach française en alimentation intuitive et ancienne hyperphage. Ces 2 plateformes regorgent de textes, vidéos et explications sur l’alimentation et sur le rapport pathologique que l’on entretient avec elle, et aident à comprendre comment déconstruire les idées reçues. Si vous voulez aller plus loin, n’hésitez pas à acheter son livre, son programme (qui est une vraie thérapie, promis) ou à carrément opter pour une consultation personnalisée. Un travail en profondeur qui risque de vous faire le plus grand bien !
 
Esther Taillefet partage elle aussi des podcasts sur le sujet de l’alimentation émotionnelle et du surpoids : ici, ici et .
 
N’hésitez pas dans la foulée à aller écouter l’épisode 7 du podcast de Valérie Benoit « Intention(elle) » intitulé « La culture des diètes, la vénération de la minceur et pourquoi c’est de la bullsh*t » , ou celui de «  Plan Culinaire »  intitulé « Pourquoi continue-t-on à faire des régimes ». Des analyses sociologiques tout aussi intéressantes sur l’engrenage dans lequel nos sociétés ont mis le pied ces dernières années. 
 
Enfin, pour accepter son corps, je ne peux que vous conseiller de : 
  • Vous désabonner de tous les comptes Facebook, Instagram ou autre qui vous font vous sentir mal, trop grosse ou pas assez bien, qui vous plombent plutôt qu’ils vous inspirent (non, regarder des abdos saillants toute la journée n’est PAS motivant j’en suis désolée !)
  • Prendre le temps de vous demander : suis-je en bonne santé ? Serais-je à ce point obsédé.e par mes cuisses, mes bourrelets, mon visage, s’il m’arrivait un accident et que je me retrouvais paraplégique en fauteuil roulant ? Quel serait alors mon plus grand souhait pour mon corps ?
  • Développer votre empathie et votre bienveillance envers les autres, et envers vous-même : arrêter de juger une personne en surpoids qui s’habille court, une personne à forte poitrine qui met des décolletés ou des micro shorts, l’assiette de votre voisin.e et combien de fois celui ou celle-ci se ressert… Sur la plage, dites-vous que l’immense majorité des femmes, bien qu’en bikinis, se sentent en insécurité par rapport à leurs physiques. Qu’allez-vous leur dire ? De se bouger et d’aller faire des squats sans ne rien connaître de leur vie, ou qu’elle sont belles et qu’elles méritent d’aller jouer dans les vagues tout autant que vous ? Qu’allez-vous vous dire, à vous-même ? Que feriez-vous s’il s’agissait de votre dernière heure à vous prélasser sur une plage, à la piscine, ou n’importe où avant de ne plus jamais pouvoir le faire ?
  • Regardez-vous dans le miroir et identifiez toutes vos pensées. « J’ai du ventre » ; oui et alors ? Et par rapport à qui ? Au mannequin Victoria’s Secret ou par rapport à la voisine de palier ? Et donc si tu avais moins de ventre, ta vie en serait plus belle et ta valeur plus grande ? Non, je te promets que non. Faites de même avec chacun de vos « défauts ». Et arrêtez de considérer comme des « failles » ce qui ne vous empêche absolument pas de vivre, danser et d'aimer. 
L'éveil du moi(s) de septembre - Alimentation et surpoids
Ce sera « tout » pour ce premier épisode de L’éveil du moi(s), comme vous l’avez compris sur un sujet qui me touche et me mobilise énormément. Il n’est pas impossible que je revienne sur ce sujet à l’occasion, pour aborder peut-être plus en détail certains aspects du « bodypositive », de la santé et de la nutrition. 
Pour l’heure, j’espère avoir pu inspirer certain.e.s d’entre vous avec ces quelques lignes. 
 
N’hésitez pas à partager vos remarques, questions ou suggestions dans l’espace commentaire, il est fait pour cela !
 
A bientôt, 
L'éveil du moi(s) de septembre - Alimentation et surpoids
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