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"A force de rentrer dans le moule on finit par ressembler à une tarte."

L'éveil du moi(s) d'octobre - périnatalité et violences éducationnelles ordinaires

L'éveil du moi(s) d'octobre - périnatalité et violences éducationnelles ordinaires
Vous ne trouvez pas que ce monde manque cruellement d’empathie et de bienveillance ?
Et si je vous disais que vous aviez le pouvoir de le changer ? Non je ne délire pas ! 
Ce n’est pas mon voisin en plein délire chamanique qui le dit, ni la citation carambar du jour. 
Ce sont les neurosciences. 
Et plus précisément, les neurosciences pédiatriques. Mais laissez-moi vous expliquer plus en détail.
 
Je ne suis pas pédiatre pour un sous, et ce n’est jamais une spécialité qui m’a attirée. Tantôt trop simpliste, tantôt trop compliquée, le côté éducationnel des parents à gérer, leurs angoisses auxquelles je n'ai aucune expérience à apposer, les cris des nourrissons, les pleurs des nouveaux-nés… 
Pourtant, j’ai commencé à m’intéresser à l’éducation et au développement du nourrisson en lisant « Pourquoi j’ai faim » du Dr Marie Thirion, un livre qui décrypte notre tendance actuel au surpoids en remontant très loin dans la petite enfance. Une grande partie y est consacrée au nourrisson, voir au nouveau né, et sur son premier rapport à l’alimentation, avec son lot de « il faut » « tu dois » « ne fais pas » que se voient conseiller toutes les mamans quand il s’agit de s’occuper de son bébé. Ce premier contact avec une esquisse de neurosciences pédiatriques m’a cependant passionnée et a renforcé ma certitude que « tout se joue très tôt » et que je voulais, comme tous les parents, absolument savoir et donner le meilleur pour mon enfant.
 
Mon intérêt pour la pédiatrie grandissant en même temps que mon désir de maternité, j’ai commencé à écouter le podcast « La Matrescence ». Matrescence, c’est la conjugaison de « naissance » et de « maternité », autrement dit un mot utilisé pour désigner la naissance d’une mère. 
Je suis tombée en premier lieu sur l’interview d’Isabelle Deputier, une une sage femme pratiquant des accouchements à domicile (oui oui!) depuis des années, et son histoire m’a passionnée ! Non seulement il est très intéressant de savoir et de s’informer sur les alternatives qui existent au système de santé classique, qu’il s’agisse de traitements ou de pratiques, pour pouvoir mieux accompagner les patients plutôt que de diaboliser certaines choses et de fermer alors totalement le dialogue, mais j’ai aussi beaucoup aimé son expérience personnelle. Ancienne sage-femme hospitalière, elle a rapidement réalisé qu’il était peut-être nécessaire de réfléchir et de remettre en questions certains acquis plutôt que de les reproduire « bêtement », afin de proposer un soin qui soit personnalisé au ou à la patiente et plus humain, ce qui devrait être l’essence même du métier de soignant.e. 
Elle a aussi cette réflexion « logique » que j’aime et dans laquelle je me retrouve, de se dire « les humains ont fait comme ça pendant des années, le font encore dans certaines régions du globe, pourquoi est-ce que chez nous, dans nos hôpitaux, on nous dit que c’est impossible ??? ». Elle a beaucoup appris de ses patientes en prenant le temps de les connaître, et c’est la partie de mon exercice que je préfère aussi.
Dans ce podcast, elle nous explique aussi que les jeunes mamans et les nouveaux-nés connaissent beaucoup moins de soucis de santé (ictère, baby blues…) lorsqu’ils sont accouché.e.s à domicile comparativement aux bébés des maternités. Alors oui, il faut bien prendre en compte le fait qu’une grossesse à problème ou à risque est systématiquement orientée vers le milieu hospitalier, mais même en considérant cela, les accouchements de grossesses « normales » semblent en moyenne moins compliqués. Pour Isabelle Deputier, un gros facteur à prendre en compte est celui du stress de la maman, nettement diminué lors d’un accouchement à domicile : présence du papa H24 y compris dans le post partum (à l’inverse de l’hôpital où la mère est finalement souvent seule), absence de pression du corps médical, environnement connu et rassurant… 
Bien sur, toutes les grossesses ne peuvent pas être accouchées à domicile et il s’agit d’exceptions dont le choix qui doit entièrement être laissé aux parents.
Je ne critique pas non plus les maternités et les soignant.e.s qui donnent jour et nuit de leur personne pour faire ce travail merveilleux. Il faut juste comprendre que, pour beaucoup, l’environnement hospitalier n’est pas toujours rassurant de principe !
 
Et ce stress justement, de la mère pendant la grossesse et des premières années de vie a un impact direct sur le développement du petit enfant.
Ceci me permet d’introduire le deuxième podcast de La Matrescence que j’ai écouté avec passion ces derniers jours, à savoir l’interview du Dr Catherine Gueguen, pédiatre et passionnée de neurosciences. 
Ce podcast que je vous encourage de tout coeur à aller écouter (et à diffuser un maximum autour de vous!) vous apprendra que les caprices n’existent pas, que les punitions sont inutiles voir dangereuses, qu’il n’y a pas d’enfant tyrannique ni d’enfant roi. On sait aujourd’hui grâce aux neurosciences que le cerveau n’est vraiment mature qu’à 25 ans (!) et que le centre des émotions d’un enfant, au niveau du cortex frontal, n’est absolument pas terminé lorsqu’il est petit. Autrement dit, un enfant ne sait pas gérer ses émotions. Quand il pleure, il s’agit d’une vraie tristesse, même si le motif vous semble ridicule. Quand il est en colère, c’est une vraie colère, pas un « mécanisme » pour vous nuire. 
Et le problème de l’éducation actuelle, c’est qu’elle ne laisse pas la place à ces émotions de s’exprimer. On demande aux enfants d’être sage, de ne pas pleurer, de dormir seul dans le noir. On conseille de « laisser pleurer », de punir, de « mettre au coin ». Autant de conseils qui coupent totalement la communication et renferment l’enfant dans sa bulle en écorchant sa confiance en soi.
D’après les neurosciences, ce dont un enfant a besoin pour se développer au mieux, c’est de relations sociales bienveillantes et emphatiques. C’est « tout » ! Et pourtant, c’est aussi très rare.
Attention, je ne blâme aucun parent. Je n’ai pas la prétention de l’être et encore moins de répandre la bonne parole. Ce que je dis ici est issu de la science, et ce sont des données extrêmement récentes. « Normal » donc que personne ne les applique encore tout à fait !
Ce podcast évoque les « violences éducatives ordinaires » : il ne s’agit pas de la baffe, de la fessée ou des insultes, qui sont bien sûr à blâmer mais qui paraissent plus évidentes, mais des « tu es vilaine » « arrête enfin c’est ridicule » « ça ne pleure pas un garçon » « ce n’est pas bien tu es puni » qui rabaissent et humilient l’enfant. Oui, ce sont des mots qui pourtant sembles banals et qu’on a déjà tou.te.s entendu, mais essayons de les transposer dans des discours d’adulte : supporteriez-vous que l’on vous dise ça ? Quel effet cela pourrait-il avoir sur vous ?
Alors oui, les enfants ont besoin d’un cadre. Mais les limites n’ont pas besoin d’être fixées avec violence, même verbale. Communication, empathie et bienveillance sont les mots clefs à retenir.
Sans ces conditions, le centre des émotions de l’enfant ne peut pas se développer dans les bonnes conditions et celui-ci devenu adulte, il aura plus de mal à les gérer. Colères, angoisses, manque de confiance en soi, dépressions… Les salles d’attente remplies des psychiatres et des psychologues sont témoins qu’on a un sérieux problème avec la connaissance de nos émotions.
 
Le climat écologique actuel m’a fait me poser beaucoup de questions cette dernière année sur mon désir ou non d’avoir des enfants. Au delà de l’envie, que j’ai de façon certaine, je me demandais si vraiment notre planète avait besoin qu’on la peuple encore plus, et quel avenir allait pouvoir se dessiner pour nos descendants. 
Mais finalement, si on ne peut pas changer la société telle qu’elle est actuellement, on peut peut-être essayer de changer son futur en élevant nos enfants de la meilleure des façons, à la lumière de ces nouvelles connaissances. 
Et encore une fois, chacun.e fait du mieux qu’il ou elle peut. 
Mais il est important de savoir qu’un enfant élevé dans ces bonnes conditions développera lui-même de l’empathie et de la bienveillance envers les autres. 
Un cercle vertueux qui est tout à fait à encourager.
 
Si ce genre d'éducation vous intéresse et que vous souhaitez savoir en pratique comment ça se passe, filez sur le compte de Léa, Samuel et de leur petit Gaspard. Vous trouverez aussi sur son site des articles, vidéos et podcast à ce propos.
 
L'éveil du moi(s) d'octobre - périnatalité et violences éducationnelles ordinaires
J’espère que cet éveil vous aura plu, en tous cas qu’il vous aura donné envie de vous plonger dans ces podcasts passionnants. Vous pouvez aussi retrouver les livres du Dr Gueguen ici pour plonger plus en profondeur dans le concept d'éducation bienveillante.
 
 
N’hésitez pas à partager vos remarques, questions ou suggestions dans l’espace commentaire, il est fait pour cela !
 
A bientôt, 
L'éveil du moi(s) d'octobre - périnatalité et violences éducationnelles ordinaires
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