Pourquoi consommer des simili carnés ?

Publié le par Marie

Salami vegan

Salami vegan

Une question que beaucoup de non-vegan se posent, et que j'ai été la première à me poser en m'orientant vers ce mode d'alimentation, c'est : pourquoi arrêter de manger de la viande, mais acheter de fausses saucisses, escalopes, charcuteries ? 

La question est tout à fait légitime. Moi la première, je n'étais vraiment pas spécialement fan de l'idée au début, et je ne consomme d'ailleurs pas des simili carnés tous les jours, voir toutes les semaines. Mais voici quelques réponses que vous pourrez j'espère apporter lorsqu'on vous interroge, et quelques raisons qui font que j'achète aussi régulièrement ce genre de produits.

 

1. Les habitudes

Il n'est pas toujours facile quand on devient vegeta*ien de savoir quoi mettre dans son assiette, surtout quand on a été habitués depuis tout petit à construire son assiette autour du schéma viande-féculent-légume. Les similicarnés permettent en ce sens de diminuer sa consommation de viande plus facilement, en gardant les mêmes habitudes mais remplaçant son steak haché ou ses knackis habituelles par leurs équivalents végétaux (et réaliser ainsi de délicieux burgers ou un couscous vegan). Cela peut aussi s'avérer pratique de temps à autres quand on est invités, par exemple à un barbecue, et qu'on ne veut pas totalement se priver de la fête ; les saucisses et brochettes végétales trouvent alors tout à fait leur place sur le grill ! Il en est de même avec bien d'autres évènements : soirée hamburgers, choucroute ou raclette, apéritif vin/fromage/charcuterie... Il est tout à fait possible de choisir simplement de ne pas consommer de produit animal et de ne manger donc que ce qui est féculent/légume à votre disposition, mais soyons honnêtes : l'ambiance est plus difficilement au rendez-vous, aussi bien pour les autres (qui pensent que vous vous privez) que pour vous (qui devez souvent vous satisfaire de bâtonnets de carotte). Dans ces circonstances, je trouve que les similicarnés (ou "fauxmages"/préparations végétales) permettent dans certaines circonstances de garder les mêmes habitudes qu'auparavant, de partager le même plaisir lors d'un moment entre amis (typiquement, le barbecue l'été ou la raclette de l'hiver), tout en restant fidèle à ses convictions.

"Jambon fumé" vegan de la marque Sgaia, parfait dans ces petits sandwichs aux tomates séchées

"Jambon fumé" vegan de la marque Sgaia, parfait dans ces petits sandwichs aux tomates séchées

2. Leur fréquente richesse en protéines

Au delà du schéma du repas-type européen, ces similicarnés remplacent les viandes classiques non seulement par leur aspect mais aussi et surtout par leur composition nutritionnelle, souvent riche en protéines. C'est surtout en ce sens que je les trouve intéressants et que je les consomme. Si les protéines végétales sont abondantes dans les légumineuses et céréales complètes, ces similicarnés - souvent à base de protéines de soja ou de blé - permettent aussi de varier ses apports et ses repas, et d'enrichir ses repas en protéines sans être tenu de manger 300g de féculents (ce qui est surtout intéressant pour les sportifs). Je vais toujours attention à la composition nutritionnelle de ces équivalents que j'achète, car certains peuvent aussi être très gras, pas très riches en protéines, ou bourrés d'additif - ils restent des produits souvent industriels et transformés. Le mieux est de pouvoir privilégier le fait-maison autant que possible, d'autant que de nombreuses recettes sont disponibles sur internet (essayez notamment jardinvegan.com), et que Sébastien Kardinal nous livre des dizaines de recettes incroyables dans "Ma Petite Boucherie Vegan" pour seulement 10€. L'idéal peut être de cuisiner dans de grandes quantités, puis de congeler en portions individuelles pour être ensuite tranquille ! 
Burgers vegan (recette de @hotforfood) et choucroute vegan (simili carnés en vente sur theveganshop.fr)
Burgers vegan (recette de @hotforfood) et choucroute vegan (simili carnés en vente sur theveganshop.fr)

Burgers vegan (recette de @hotforfood) et choucroute vegan (simili carnés en vente sur theveganshop.fr)

 
3. Se faire plaisir sans cruauté
 
Il faut bien comprendre que nous n'arrêtons pas la viande parce que nous n'en aimons pas le gout, mais parce qu'éthiquement cela nous dérange.
Je ne cache pas que j'aime probablement toujours le saumon et l'onglet à l'échalote ; que j'ai envie de chorizo quand on prend l'apéro, ou que je bave devant une pizza au gorgozonla ; mais cela me gênerai d'en manger à nouveau (pour le fromage, cela reste exceptionnel et d'ailleurs de moins en moins fréquent), car je ne peux plus faire abstraction de l'animal quand je vois un bout de viande ou de poisson dans mon assiette. 
Nous avons pour la plupart grandi et construit de nombreux souvenirs autour de l'alimentation : la tarte tatin de Mamie, l'apéritif rosé-saucisson du vendredi soir d'été, les brunchs fromage-charcuterie de ma marraine allemande... Et malgré mon changement d'alimentation actuel, ces souvenirs restent de bons souvenirs, et je ne vais pas vous mentir en vous disant que je suis dégoutée par l'odeur d'un poulet rôti car ce serait faux. Les similicarnés, pour reprendre ce que j'ai déjà évoqué au début de cet article, peuvent servir en ce sens à maintenir ces moments et souvenirs agréables tout en restant en accord avec ses convictions. Je me souviens avoir apporté mon muesli et mon yaourt au soja une année en Allemagne, chose que j'adore le reste de l'année, mais je me suis sentie frustrée de ne pas profiter de l'ambiance brunch qu'offre habituellement le petit déjeuner allemand. Cette année, je suis venue avec mon fromage frais de soja (fait maison, donc tout à fait sain !), mon tofu fumé (très bonnes valeurs nutritionelles également), j'ai trouvé d'excellentes charcuteries vegan en supermarché allemand (car oui, j'adore tester tout ce qui est nouveau sur le marché vegan !) tout en prenant de soin de les choisir avec une bonne teneur en protéines, et les moins grasses possibles ; et je me suis régalée ! Et n'ai ressenti absolument aucune frustrations face aux plateaux de charcuterie et fromages classiques. 
Là encore, je ne dis pas que j'achèterai du salami vegan tous les matins, mais dans ce genre de situations, cela s'y prêtait tout à fait, et m'a permis de retrouver les mêmes émotions que dans mes souvenirs d'enfance.Car c'est ça aussi, l'alimentation : des sensations, des émotions. Il se peut que j'ai tout à coup terriblement envie de nuggets (ce pour quoi je craquais toujours à McDo), mais il me serait inenvisageable de penser manger du poulet pour satisfaire une compulsion ponctuelle - et sachant que le marché végétalien propose désormais d'excellents nuggets, et - bien qu'industriels - certainement bien meilleurs à la santé que les nuggets des fast foods...
Rôti vegan de tofu et châtaignes, recette de Marie Laforet, et "cervelas" vegan - un souvenir d'enfance !
Rôti vegan de tofu et châtaignes, recette de Marie Laforet, et "cervelas" vegan - un souvenir d'enfance !

Rôti vegan de tofu et châtaignes, recette de Marie Laforet, et "cervelas" vegan - un souvenir d'enfance !

En clair, les similicarnés permettent souvent de mieux vivre son passage vers une alimentation végétale, surtout au début, et de permettre de consommer en accord avec ses principes éthiques, tout en gardant le même plaisir qu'auparavant. 
Je pense que, si nous avions le choix entre deux produits absolument identiques en goût et en texture et de bonne qualité nutritionnelle, l'un sortant des abattoirs, l'autre réalisé à base de plantes, nous privilégerions tous l'alternative sans cruauté : non ? 
Pourquoi consommer des simili carnés ?
Pourquoi consommer des simili carnés ?
Pourquoi consommer des simili carnés ?

Commenter cet article