Ayurveda.

Publié le par Marie

Ayurveda.

On me fait souvent remarquer que je suis une obsédée de la nourriture, une "foodporneuse" en quelques sortes, quelqu'un qui ne pense qu'à ça tout au long de sa journée et qui ne peut pas envisager de sauter un repas "sans y faire attention".


Et c'est vrai. 

Mais parce que pour moi, manger, c'est bien au délà d'un plaisir gustatif, d'un besoin vital ou d'une habitude. Manger, c'est surtout nourrir son corps, c'est le carburant de toute cette mécanique incroyable, l'énergie qui lui permet de se construire, et nous permet ensuite d'accomplir des choses incroyables. Mon corps, c'est un vrai outil et j'ai à coeur d'en prendre soin du mieux que je peux; car ça, pour sûr, je ne pourrais pas en racheter un quand il s'abîmera. 


Et c'est dans cet état d'esprit que j'ai commencé à m'intéresser à l'alimentation végétale, à fuir les sucres raffinés et les graisses animales, à faire le plein de fruits, légumes, superfoods, jus de céleri et nouilles de courgette. 
Et si pour rien au monde je ne reviendrai en arrière, j'ai toujours en moi une petite part de déception de ne pas avoir retrouvé chez moi les effets que le végétalisme avait pu avoir chez les autres. Je me sens évidemment plus en accord et en harmonie avec moi-même, avec notre environnement et notre planète, fière de mes performances sportives, mais je ne peux pas dire que j'ai vu de transformation physique majeure du jour au lendemain (ni même le surlendemain, ou le sur-surlendemain) : je n'ai pas perdu de poids (c'est peut-être même l'inverse, du moins c'est très fluctuant et j'ai du mal à me donner un poids de forme), ni ma cellulite, ni mes énormes cernes sous les yeux le matin... Je crois que les meilleures sensations que j'ai pu avoir étaient au moment ou je mangeais "Raw till 4", soit cru du matin à 16h (beaucoup de fruits et légumes, forcément) et très pauvre en graisses. Et je continue à penser que, en été et/ou en vacances, ce régime est génial, surtout par de fortes chaleurs où on a effectivement envie que d'une chose : de l'eau, des fruits, des crudités. Mais en hiver, c'est une autre histoire... !


J'ai été surprise en ce début d'année par un énorme coup de fatigue comme il me semble en avoir rarement connu. Juste après vous avoir dit dans mon article précédent comme j'étais à l'aise dans ma vie et comme j'adorais les cours de vélo, j'ai commencé à développer une flemme intense de quelque activité que ce soit passé 17h (il faut dire que la nuit qui tombe à 16h ne m'a jamais réussi), je m'efforçais à aller au sport et n'arrivais pas à trouver l'énergie nécessaire pour suivre pleinement mes cours de vélo (jambes en coton, compte à rebours du nombre de chansons restantes pendant 45min...), impossible de me lever en forme avant 7h - ni même après d'ailleurs... Bref, je me sentais physiquement aux antipodes de mes habitudes et de ma volonté, sans que je comprenne pourquoi; "c'est l'hiver, j'hiberne" je me disais. J'ai essayé de remanger un maximum de cru, au moins au petit déjeuner, histoire de me donner un petit coup de fouet. Ca a un peu marché, mais ça m'a aussi donné de forts ballonnements et des ventres de femme enceinte tous les soirs.


Bref, je sentais que je pataugeais un peu et j'étais perdue entre mes efforts pour manger au mieux, et l'absence de résultats concrets et probants. 


J'avais à côté de cela un peu avant Noël entendu parler d'Ayurveda. 
Un soir où j'étais comme à mon habitude fatiguée, je me suis fait violence (10min de métro à 18h30, vraiment rien d'extrêmement difficile - c'est vous dire comme je ne me sentais pas vraiment dans mon état normal à cette époque...) pour quand même passer à la librairie retirer un colis qu'il me fallait absolument avant la fin de la semaine. Et puis une fois à la librairie, moi, je suis comme un gamine au rayon de bonbons - surtout au rayon cuisine. Et je tombe sur un livre sur l'Ayurveda; assez complet, ni trop gros ni trop petit, pas extrêmement cher - hop, je le prends, et le dévore en un week end. La semaine d'après j'avais rendez-vous pour me faire faire un bilan ayurvédique. Oui, je suis comme ça !


Pour vous la faire courte, l'Ayurveda est une médecine indienne ancestrale qui comme de nombreuses médecins "parallèles" lie très fortement le corps et l'esprit via des énergies qui circulent en nous, ainsi que les éléments (espace, air, feu, eau, terre) et - c'est là tout l'intêret de la chose - l'alimentation. En Ayurveda, il y a trois grandes "personnalités" ou doshas : kapha (plutôt posé, calme, limite mou), pitta (énergique, volontaire, mais aussi irritable) et vatta (plutôt speed, excité, presque stressé). Nous sommes de base composés de façon plus ou moins bien répartie de ces 3 doshas, et ceux-ci s'expriment également plus ou moins fortement au cours des saisons et même des heures de la journée. Par exemple, kapha (plutôt calme/mou) s'exprime majoritaire en hiver et de 6 à 10h puis 18 à 22h.


(Tiens, pile poil les périodes où je me sens vaseuse.)


Et lorsqu'il existe un déséquilibre de l'un des doshas, c'est là que le mal-être ou la maladie s'installe. 


Ca n'a pas loupé : je suis d'après mon bilan "Kapha-Pitta". Pas seulement molle et irritable je vous rassure, mais aussi posée, endurante, téméraire, organisée... Bref, finalement un tableau plutôt sympathique (et j'ai été surprise de me retrouver à ce point en détail dans certaines caractéristiques et descriptions !). Sauf qu'en cette saison d'hiver, mon "kapha" a complètement pris le dessus sur tout le reste. 
Et il faut avouer qu'en ça, l'alimentation végétalienne (en tous cas mon alimentation végétalienne) est de base très pro-kapha. 
Car oui, je vous parlais du lien fort entre alimentation et ayurveda, il est là : les aliments et surtout les épices ont chacun la faculté d'aggraver ou d'apaiser certains des doshas, et c'est souvent là que réside le "traitement" en ayurveda (et plus de yoga et de massages). 
Et mes petit-déjeuners avoine-lait de coco-banane, c'est 100% pro-kapha. L'huile de coco et les oléagineux aussi (voilà donc peut-être pourquoi je prends 2kg à chaque fois que je met une cuillère de purée d'amande dans mon porridge alors que d'autres en mangent sans problème un pot à chaque petit-déjeuner), la patate douce et les courges (mes BBF = Best Friend Food de l'hiver) aussi... 


Bref; si j'ai au début été contrariée d'apprendre qu'il me fallait à tout prix éviter le goûter (arg!), ainsi que les amandes, noisettes, cajou, banane, coco, oranges, citron, avoine... J'y ai finalement - au delà du pratico-pratique - trouvé un sens, et une explication au déséquilibre que je ressens depuis longtemps entre corps et esprit : un corps plutôt charnu (kapha) qui contraste avec un esprit assez volatile (pitta), mais dans lequel je dois y trouver une force, l'endurance et la persévérance, en faire un atout et non pas une faiblesse ou une contrariété. 
L'explication peut-être aussi à pourquoi non, je ne peux pas me permettre de manger autant de noix que d'autres sans prendre un gramme, et pourquoi je suis à ce point sensible au sucré ou aux grignotages.


J'avoue que j'ai du mal de mettre toutes ces recommandations en oeuvre d'un seul coup, me retrouvant à nouveau dans une situation "coincée" entre aliments interdits ou autorisés. Mais comme tout, il faut que les choses se posent dans ma tête et que je prenne ces nouvelles habitudes avec modération et pondération, que je ne m'interdise rien mais trouve certaines astuces et alternatives. Si la pratique n'est pas encore 100% au rendez-vous, je fais mon petit bout de chemin tout doucement et je suis au moins apaisée d'avoir les réponses aux questions que je me posais, aux désaccords que je ressentais en moi.


La suite au prochain épisode... ;-)

Commenter cet article