Manger à sa faim

Publié le par Marie

Muffins mocha-chocolat de Something Vegan, ou l'objet du délit !

Muffins mocha-chocolat de Something Vegan, ou l'objet du délit !

J'ai pris 4kg pendant mes dernières vacances, que je n'arrive absoluement pas à reperdre, malgré un retour à mes habitudes alimentaires et sportives correct ; ou peut-être pas si correct que ça alors, puisque je n'ai aucun résultat. 


Avant de partir en vacances, cela faisait 1-2 mois que je mangeais "High Carb Low Fat" (HCLF), après avoir expérimenté le "Raw till 4" quelques jours ; il s'agit d'un mode d'alimentation composé à 80% de glucides (essentiellement fruits, crudités, patates douces, pommes de terre, maïs et riz), et seulement 10% de graisses, se basant sur un constat simple : "fat makes you fat" (le gras te fait grossir). J'aimais beaucoup ce "régime", car il n'y avait aucun décompte de calories à la clef, je pouvais me bourrer de bananes, mangues, fruits et riz quasi-à volonté, et j'avais vu disparaître toutes mes compulsions alimentaires presque instantanément. Bonus à la clef, j'ai fondu comme neige au soleil (du moins c'est l'impression que j'ai eu ; peut-être était-ce l'aboutissement de toute une année de sport ?), et ai au moins réussi à être au top de ma forme physique au moment de l'épreuve du maillot de bain ;-)


Je suis partie en vacances, j'ai continué à "appliquer" plus ou moins ce régime, mais en mangeant très certainement plus gras. Et ça n'a pas loupé, mes pantalons ont commencé à me serrer et la balance a confirmé les choses. 

Je pensais reperdre tout naturellement ces excès en retournant à mes habitudes et en reprenant mon petit régime HCLF, mais 15j après je n'avais aucun résultat - pire, j'avais l'impression que j'étais toujours en train de stocker les excès de l'été ! 

Le HCLF avait cet inconvénient de ne pas être très pratiquable hors de chez soi, notamment le midi ; les repas préparés au self sont très bons et très variés, mais toujours assez riches en matières grasses, et cela commençait à devenir gênant de devoir m'apporter mon tupper, et donc de me justifier (puisque le self est gratuit).  Je n'avais même pas la récompense à ces efforts, puisque niveau silhouette, c'était le calme plat.

Et puis je suis tombée il y a une dizaine de jours sur cet article d'une diététicienne, je ne saurais plus vous dire qui, qui ne recommandait qu'une seule chose : manger à sa faim. J'ai retenu cette phrase, "un pain au chocolat ne vous fera pas grossir si vous le mangez parce que vous avez faim, en revanche une pomme mangée sans appétit vous fera prendre du poids". Ca m'a un peu contrariée au début, parce que j'adore manger des pommes ;-) mais ça m'est rapidement apparu comme une évidence : ben oui, en fait, les gens qui ne se prennent pas la tête mangent quand ils ont faim. Et s'arrêtent quand ils n'ont plus faim. "Comme les animaux et les enfants", disait aussi l'article.


Et c'est vrai qu'on a tous cet ami, qui prend une tarte au citron en dessert tous les midis sans prendre 1g. Oui mais lui il ne va pas aller grignoter une pêche, une pomme, un yaourt dans l'après-midi parce qu'il s'ennuie. Il ne va pas prendre de dessert "pour avoir sa touche sucrée" s'il n'a plus faim en fin de repas. Il ne va pas craindre de sauter le petit-déjeuner s'il n'a pas faim, "de peur que son corps stocke" en excès.

Je pense en fait qu'on s'est trop amusés, et moi la pemière, à décortiquer l'alimentation et le corps humain, à prôner les vertues du sans gras, sans glucides, protéiné, basses calories, 100% fruits, cétogène, IG bas, sans sucres, gluten free, 3 repas par jour, non en fait plutôt 6, ... Et qu'on en a oublié l'essentiel : la faim. La seule chose qui devrait nous importer. Evidemment que la composition nutritionelle de ce que l'on mange est aussi importante, et que ne manger que des beignets au Nutella mais en écoutant bien sa faim n'est pas une bonne idée à suivre ; mais il n'empêche que cette évidence, si bête soit-elle, m'était sortie de l'esprit. 


Alors voilà, maintenant je mange à ma faim. J'évite toujours les mauvaises graisses et les sucres raffinés, mais je ne compte ni les glucides, ni les lipides, ni les calories, et je me fie juste à mon estomac.
Et vous savez quoi : c'est un des régimes les plus durs qu'il m'ai été donné de suivre !


Moi qui aime à tout contrôler, et surtout qui aime manger même sans faim, me voilà frustrée quand, après un repas de midi un peu chargé, je n'ai pas faim jusqu'au lendemain matin ! Zut, je perds des occasions de manger, c'est rageant ! ;-) Mais je réalise que je ne m'écoutais pas assez, profitant souvent d'un demi-petit bruit d'estomac aux alentours de 16h pour aller manger l'aliment autorisé du jour (variable selon mes régimes ;-)). 
A l'inverse, je vais avoir du mal aussi à gérer la faim toutes les 3h, typiquement comme aujourd'hui ; alors que j'ai mangé jusqu'à assez tard hier soir, et assez riche (une délicieuse glace aux cajou et framboises lors d'une soirée filles... Le bonheur), je m'étais donc (à tord) programmée pour ne pas avoir faim ce matin, aller courir, prendre un petit smoothie léger en rentrant si la faim venait, puis attendre midi. Et j'ai eu faim dès mon réveil ! Je suis tout de même allée courir, et ça m'a fait un bien fou, j'étais dans une bonne dynamique et le décor était splendide - mais j'avais toujours très faim. Je me suis fait un gros smoothie banane en rentrant, l'ai siroté en bouquinant - peut-etre un peu trop vite ? car j'avais toujours un petit creux à la fin de mon smoothie. J'ai attendu un peu, encore, le temps que ça monte au cerveau ; mais non, je crois bien que j'avais toujours faim. Alors je me suis régalée avec un muffin café-chocolat, et ça m'a bien calée. Mais intérieurement - et aussi je pense inconsciemment - je me suis dit "bon, ben pas de goûter cet après-midi'. Et donc quand j'ai eu un petit creux vers 16h, panique à bord, "mais non ce n'est pas de la faim", "mais si j'ai grave envie de manger !", "justement tu as envie et pas faim", "oui non mais bon si un peu quand même ?", "rooooooooh bon puisque c'est ça je pars faire un tour" ; et de fait, en rentrant de courses, j'avais faim et ai repris un peu de la glace de la veille (par 35°C, je n'ai envie que de ça). Mais du coup, je suis allée à mon rendez-vous en vélo et pas en métro comme prévu, pour "éliminer un peu". Comme quoi je suis toujours un peu dans cette démarche "manger-sport-manger-sport", et "un seul en-cas par jour", et "pas plus de deux jours de suite de gâteau", etc etc - bref, des diktats stupides qui me planent toujours au dessus. 


Mais finalement, j'apprécie de me poser systématiquement la question "ai-je vraiment faim ?", pour les réponses amusantes qu'elle m'apporte parfois - et comme je réalise les erreurs faites auparavant. 

Je n'ai toujours pas perdu de poids, mais je crois que j'aimerai voir les résultats de mon alimentation instantanément, et cela fait bien trop peu de temps que je prends le temps de manger en pleine conscience, comme on peut aussi l'appeler. 


Affaire à suivre, donc... ;-)

 

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Edit du 07/09/16 :

Ahlala, il suffisait que j'écrive cet article pour que je perdre 1kg... ;-) Signe j'espère que mon retour à mon poids de base est amorcé ! Mes jeans me serrent toujours, mais je garde espoir que cela ne dure pas.

Je suis ravie par cette alimentation "à l'instinct", et à l'écoute. Je réalise que je mangeais souvent mon petit-déjeuner par envie et non par faim, et qu'il m'est plus physiologique de manger 1 à 2h après mon réveil que dans l'immédiat ; avantage, car quand arrive midi, j'ai moins les crocs et mange naturellement moins. De même, je fais à présent bien le distingo entre les sensations de faim, de soif et d'estomac vide au cours de l'après-midi, et suis surprise de voir que je n'ai parfois presque pas faim du reste de la journée, notamment quand je reste beaucoup assise si je suis au travail - logique, mais il me fallait prendre le temps de le réaliser.

Je n'ai pas non plus re-eu de fringales, et me surprend à refuser des restaurants et à n'avoir envie que d'une petite salade le soir, alors que je sacralisais auparavant ces moments de repas après les avoir longtemps dénigrés au cours de mes régimes divers et variés.

Etre à l'écoute de ma faim me donne envie d'être à nouveau toujours plus à l'écoute de moi-même. Je me renseigne de plus en plus sur la pleine conscience, je prend le temps de mâcher, d'écouter, de respirer, de ressentir, d'apprécier un vent chaud sur mon visage, un rayon de soleil en ouvrant les rideaux, ou une bonne fatigue en sortant de la salle de sport.

En parlant de sport, malgré mon poids pris, je me sens forte; je sens que je progresse, que je réussi mieux les exercices, que j'augmente petit à petit la charges et l'intensité de mes entrainements. Que d'aller courir 30min à jeûn à 6h30 du matin ne sont plus un supplice, plutôt même l'inverse, que cela me donne la pêche pour la journée même si le réveil a été un peu difficile et que je me sentais pataude au réveil. Forte aussi en sortant du Mud Day, d'avoir réussi des épreuves devant lesquelles j'avais échoué l'année dernière, où m'étais sentie incapable; d'avoir couru tranquillement les 13km de l'épreuve, entre terre lac et boue, et d'avoir adoré chaque minute de ce défi sportif, d'avoir constaté que non, je ne suis pas la seule à galérer sur certaines épreuves et à avoir du mal à faire passer mes fesses au dessus de cette rambarde inclinée. Que j'étais loin d'être "la pire", voir que j'étais en meilleure condition physique que le reste de mon équipe, tout à l'inverse de l'année dernière. Et cet objectif est plus satisfaisant que tout, bien plus qu'un chiffre ou qu'un physique.

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emma 01/09/2016 22:43

... peut-être, surtout, penser un peu moins à tout ça ?
(facile à dire, je sais !)
bisou

Marie 05/09/2016 11:41

Ne plus avoir à y penser c'est bien le but... pour l'instant je suis encore sur le chemin :-)